Cardinal Alexis BILLIET (1783- 30 avril 1873)

billetLe chanoine Alexis Billiet fut incontestablement une des personnalités les plus remarquables de ce siècle, en Savoie.

Né aux Chapelles, en 1783, d'une famille de riches cultivateurs, il se destina de bonne heure à l'état ecclésiastique. Au moment où il se disposait à entrer au collège, d'abord, puis au Grand-Séminaire, la tourmente révolutionnaire avait tout emporté, séminaires et collèges. Il n'en persista pas moins dans sa vocation ; seulement il dut suppléer, au moyen de quelques livres, avec, l'aide de bons missionnaires, ou curés de campagne, aux ressources qui manquaient pour son instruction.

Après le rétablissement du culte, il arrive à Chambéry, se présente aux examinateurs. On lui demande s'il a étudié la grammaire,.... le latin,.... la littérature,.... la philosophie,.... la physique.... Un peu, répondit-il à chaque question. La théologie, lui demande-t-on ?.... Un peu encore !

Ne sachant que penser de cet écolier, les examinateurs se disent que c'est là un prodige d'intelligence, ou bien un prodige d'incapacité ; et pour l'essayer l'envoient suivre une classe de théologie. Un an après, il était professeur de théologie lui-même, bientôt supérieur du Grand-Séminaire et vicaire général du diocèse.

C'est alors que MM. de Loche, de Vignet et Raymond se l'associèrent pour former le noyau de leur Académie naissante. Ils ne pouvaient mieux réussir : le chanoine Billiet avait la passion des observations exactes, des déductions logiques, dans toutes les branches de la science. Aussi l'on peut dire que dans les nombreuses communications qu'il a faites aux Sociétés savantes, jamais il n'a donné à faux.

Le 9 mars 1826, il fut sacré évêque de Saint-Jean de Maurienne. Sur ce nouveau théâtre, il ne cessa de travailler pour sa chère Académie réalisant surtout des travaux historiques ou archéologiques :

En 1840, Mgr Billiet fut appelé sur le siège archiépiscopal de Chambéry. Dans cette période de sa vie, il publia encore plusieurs travaux historiques :
Nous n'avons pas à citer les mandements et lettres pastorales qu'il a publiés pendant une série de près de cinquante années d'épiscopat, et où l'on retrouverait le cachet de cet esprit précis et
lucide.

Ce qui constitue un trait plus original de son caractère, c'est sa passion pour la botanique, pour les plantes rares, les cryptogames surtout, qu'il ne cessa de récolter pendant sa vie entière. Ayant conservé une vue perçante jusqu'à quatre-vingt-dix ans, il s'arrêtait dans ses courses les plus pressées pour cueillir une fleur dans un fossé, ou un lichen sur un caillou. Avec une mémoire étonnante, il en citait aussitôt le nom latin.

Devenu prince de l'Église, cardinal, sénateur de l'Empire, il conserva jusqu'à son dernier jour la simplicité du jeune prêtre des Chapelles. Pendant de longues années, il fut président de l'Académie de Savoie et porta toujours le plus vif intérêt à ses travaux.

Lorsque ses nombreuses occupations ne lui permirent plus d'assister à ses séances, il fut nommé par acclamation président perpétuel honoraire.

Enfin il s'éteignit, le 30 avril 1873, dans sa 91e année, assistant à sa propre mort avec la plus parfaite sérénité, et, devant son chapitre assemblé autour de son lit de mort, développant paisiblement le texte de saint Paul : expedit ut vadam.

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