De gauche à droite Fabio Armand, Claudine Fréchet, le président Geneletti et le Docteur James Lespinasse.

La séance académique de septembre, outre une recension par François Forray, de la dernière livraison de la revue valdotaine " Lo Flambo ", a été consacrée à une communication de Mme Claudine Fréchet et M. Fabio Armand, enseignants à l’Université catholique de Lyon, qui avait pour sujet les spécificités, l'évolution et l'avenir du franco provençal, à l'heure où l'enseignement des langues régionales paraît être pris en considération.

La seconde communication, assurée par le Dr. James Lespinasse , professeur associé de médecine en génétique médicale à l'université Laval, médecin biologiste au centre hospitalier de Chambéry, s'est penchée sur l'influence des chromosomes X et Y dans les composantes de la féminité et de la masculinité, considérée tant au niveau scientifique qu'aux niveaux sociétaux et philosophiques.

François Forray ouvre la séance du 20 septembre par la recension de la revue valdôtaine « Lo Flambo’ ». Un article met l’accent sur l’histoire de la Vallée d’Aoste entre les deux guerres. Il dénonce les méfaits du fascisme et la destruction progressive de la francophonie sous Mussolini, et après !

Dans la première communication, Mme Claudine Fréchet et M. Fabio Armand, enseignants à l’Université catholique de Lyon, présentent le franco-provençal. C’est une langue transfrontalière qui s’est étendue en France, en Suisse, en Savoie, en vallée d’Aoste et un peu en Piémont. Au début de l’époque Romaine, le latin se répand et chaque région le traite et l’adapte à sa façon. Le franco-provençal tire ses racines du latin, du français et du provençal, mais il reste malgré tout plus proche du latin que du français.

On a peu de textes. Le premier est celui d’une moniale, Marguerite d’Oingt, entre 1250 et 1310. On en a de plus récents, en particulier ceux d’Amélie Gex.

Claudine Fréchet présente ensuite les traits caractéristiques du franco-provençal par rapport au français. Enfin, on estimait en 2009 qu’il restait environ 60 000 locuteurs en France, mais en majorité de plus de 80 ans ! Elle conclut sur ces langues de France en grand danger qui représentent une culture à préserver.

Le docteur James Lespinasse, généticien, aborde ensuite « la revanche du chromosome X » qui caractérise le sexe dit « faible » ! On rappelle que les femmes ont deux chromosomes X et les hommes ont un X et un Y.

Le conférencier compare les matériaux génétiques de l’homme et de la femme en montrant que cette dernière est souvent mieux lotie. Pour lui, la voie fondamentale de développement de l’espèce est femelle, l’homme étant une dérivation du sexe de base féminin. D’ailleurs, ajoute-t’il avec humour, « dans beaucoup d’espèces, le choix du partenaire est fait par la femelle ! ».

Abordant l’aspect génétique de l’héritage parental, il cite certaines pathologies liées à des excès, comme le tabagisme, qui peuvent affecter la qualité du sperme humain jusqu’à 7 générations ! Quant au fonctionnement du cerveau, si les performances sont équivalentes, il est différent chez la femme et chez l’homme.

Il évoque ensuite la monogamie qui augmente statistiquement l’espérance de vie et l’instinct maternel qui est assez récent, l’allaitement par la mère dans les classes aisées et l’abandon des nourrices datant de la deuxième guerre mondiale.

En conclusion, il regrette que la génétique soit souvent ignorée par les praticiens et avance que et le sexe dit « faible » n’est peut-être pas celui auquel on pense !

Crédits photos © E/J-Y Sardella.

Claudine Fréchet et Fabio Armand.

Le Docteur James Lespinasse