Présentation de l'épée d'académicien français par Philibert du Roure
En présence d’un important auditoire, s’est déroulée la cérémonie de remise solennelle à l’Académie de Savoie de l’épée d’académicien français du romancier savoyard Henry Bordeaux.
Initiateur de ce dépôt au siège de notre compagnie, le petit fils de l’écrivain, M. Philibert du Roure évoqua avec à propos les liens unissant son grand père aux sociétés savantes savoyardes, donatrices de l’épée qu’il arbora avec fierté lors de sa réception sous la Coupole, le 27 mai 1920.
Madame Anne Buttin, vice-président de l’Académie clôtura la cérémonie par un pénétrant propos intitulé « Henry Bordeaux, un jeune romancier en phase avec son époque «. Celui-ci fut rehaussé par la lecture d’extraits de l’œuvre de l’écrivain, déclamés avec éloquence par le comédien Gérard Desnoyers.
Ce mercredi 19 novembre, l’Académie de Savoie consacrait sa séance au dépôt de l’épée d’académicien français d’Henry Bordeaux par son petit-fils, Philibert du Roure de Beaujeu. Le salon de l’Académie était comble avec près de 90 personnes présentes.
Intervention de Philibert du Roure
Dans son intervention, Philibert du Roure rappelle que Henry Bordeaux est devenu membre effectif – on dit titulaire aujourd’hui – de l’Académie de Savoie en 1910. Mais il n’y fera son discours de réception qu’en novembre 1920. Il est reçu à l’Académie française cette même année 1920 et les Sociétés Savantes de Savoie et Haute Savoie lancent une souscription pour lui offrir l’épée qui rejoint aujourd’hui la salon de l’Académie. Une inscription gravée sur le fourreau rappelle cet évènement historique :
LA SAVOIE
À HENRY BORDEAUX
de l’Académie française
27 mai 1920
Sur la poignée d’argent, voisinent le lion du Chablais avec le cœur et la croix de Savoie et l’oranger chargé de fleurs que Saint François de Sales avait donné à l’Académie Florimontane et que l’Académie de Savoie a repris.
Philibert du Roure revient ensuite sur le discours de réception de son grand-père à l’Académie de Savoie le 18 novembre 1920, « en habit vert ». Ce jour-là, Henry Bordeaux raconte notamment la fierté qu’il a eu lors de sa réception à l’Académie française en mettant la main sur cette épée offerte par la Savoie.
L’orateur rappelle ensuite que ce dernier a eu son premier encouragement littéraire de l’Académie lors du prix Guy de 1887, une mention honorable. Il avait quatorze ans !
Télécharger le présentation de Philibert du Roure 
Communication d’Anne Buttin
Anne Buttin prend ensuite la parole sur le thème « Henry Bordeaux, un jeune romancier en phase avec son époque ». Elle reprend la vie d’Henry Bordeaux en notant en particulier les prix qu’il a reçu de l’Académie de Savoie au titre de la Fondation Guy.
Il fait son droit à Paris puis reprend en 1901 la cabinet d’avocat de son père décédé. Son roman « La peur de vivre », situé à Cognin, a un énorme succès. Il est couronné par l’Académie française et il obtient notoriété et aisance financière. Auteur prolifique, Anne Buttin a recensé 248 publications de sa part et 4 films tirés de ses romans. Les romans sont souvent ancrés dans le terroir, la terre natale nourrit et régénère et la vente de la propriété familiale dans les Roquevillard par exemple est un drame pour le père de famille.
Il s’engage à la guerre de 14 où on lui confie une étude historique pour l’État-Major. Entré à l’Académie française jeune, à 50 ans, il la représentera souvent à l’international.
Un peu plus tard, de nouveaux romanciers arrivent et éclipsent ceux que l’on, nommait les « 3B » : Bourget, Barrès et Bordeaux. Anne Buttin termine en citant « L’ombre sur la maison » où un chapitre décrit une savoureuse séance de l’Académie de Savoie et « Le barrage » où les autorités inaugurent un nouveau cimetière tandis que le curé et les villageois se rendent en barque sur l’ancien cimetière sous les eaux pour honorer leurs morts. Elle termine sur une photo de sa maison du Maupas à Cognin qui a été reprise par son petit-fils Philibert.
Sa communication est ponctuée par des déclamations de passages choisis de l’écrivain savoyard par le comédien Gérard Desnoyers.



