Jean-Olivier Viout, Alexandre Doglioni et Fabrizio Ghiroldi.

L’ Académie a tenu le mercredi 16 juin, sa séance de clôture du premier semestre 2026. Elle a été consacrée à l’éloge funèbre du professeur Jean-Louis Darcel prononcé par Jean-Olivier Viout, président honoraire. S’en sont suivies deux communications : la première présentée par M. Alexandre Doglioni, membre correspondant, consacrée à Jean-Dominique Cassini, astronome de Louis XIV , la seconde proposée par M.  Fabrizio Ghiroldi   qui a  brossé un large panorama de la biographie et des réalisations de l’architecte savoyard Théodore Fivel.

La séance du 17 juin débute par l’éloge funèbre du professeur Jean-Louis Darcel. Elle s’est poursuivie par l’évocation de Jean-Dominique Cassini, astronome de Louis XIV, pour finir par la présentation de l’œuvre de l’architecte Théodore Fivel.

Le professeur Jean-Louis Darcel

Jean-Olivier Viout, président honoraire, prononce l’éloge funèbre de Jean-Louis Darcel, décédé le 14 janvier dernier à l’âge de 87 ans. Son père fut combattant, puis prisonnier en 1940. Après la guerre, la famille réside à Coblence où le père est délégué de la Croix-Rouge. Jean-Louis fait ses études secondaires chez les Jésuites à Metz, puis au lycée d’Avignon. C’est ensuite Paris, la Sorbonne où il acquiert sa profonde culture littéraire, puis son mariage avec Francette qui sera sa compagne inséparable tout au long de sa vie. Il donne des cours à l’Institut commercial de Tunis puis crée le Département des carrières juridiques de Mulhouse. En 1974, il soutient une thèse d’état sur Joseph de Maistre. C’est une contribution novatrice qui lui ouvrira les archives familiales de Jacques de Maistre. Avec l’appui de Jacques Lovie et Johannès Chetail, il rejoint Chambéry et l’Université de Savoie. Professeur en 1988, ses publications recevront un prix de l’Académie française.

Il tâte aussi de la politique et prend la tête du comité de soutien local à Raymond Barre dans la campagne de 1988 pour la présidence de la République.

Membre titulaire de notre Académie, il entre au Bureau et en devient le bibliothécaire. Il participe activement à l’ouvrage sur les « 6 siècles de littérature savoyarde » et rédige les textes de la séance du théâtre Charles Dullin. C’était une personnalité riche et vraie, un homme de foi, mélomane de haut niveau, qui reçut les Palmes académiques et la médaille du Mérite. Comme bel hommage, le doyen Louis Terreaux lui dit un jour qu’il était « naturalisé savoyard par ses études sur les Maistre ».

Évocation de Jean-Dominique Cassini

Alexandre Doglioni présente ensuite Jean-Dominique Cassini. Né en 1625 dans une famille de la noblesse Siennoise, les Jésuites lui donnent une solide formation mathématique. Il prend la chaire d’astronomie de Bologne à 25 ans, découvre les taches et satellites de Jupiter, décrit les rotations de Mars et Vénus, classe les comètes comme des astres permanents, … C’est le moment où Colbert recrute pour l’Académie Royale des Sciences de Paris. Il rejoint l’Observatoire de Paris en 1669. Naturalisé en 1673, il se marie la même année avec une jeune fille de la noblesse picarde.

Ses découvertes et réalisations sont impressionnantes : les satellites de Saturne et Jupiter ; une carte du monde ; la distance entre mars, le soleil et la terre ; la cartographie de la lune ; la méridienne du Sud de la France ; la mesure de la vitesse de la lumière ; … Sa famille restera longtemps en vue avec des astronomes, un militaire, et même un pair de France en 1831.

L’architecte Théodore Fivel

Fabrizio Ghiroldi, notaire à Bergame, introduit ensuite Théodore Fivel, dont il descend. Né en 1828, sa famille quitte Saint-Jean-de-Maurienne vers 1845 et s’établit à Chambéry. Théodore complète ses études chez l’architecte chambérien Pierre-Louis Besson. Il commence à travailler dans le Génie militaire. Repéré par le marquis César d’Oncieu de la Bâtie, ce dernier l’introduit dans la noblesse, notamment auprès d’Eugène de Boigne. Il rencontre aussi des ecclésiastiques, Mgr Billiet, et Michel Saint Martin qui devient son mentor. Bien que sans diplôme, il prend la suite de Mélano et réalise de nombreuses églises en Savoie et en vallée d’Aoste. Il promeut le style gothique et l’esprit des origines et maintient les anciens clochers.

Il fait réaliser des bustes comme celui de Michel Saint Martin au cimetière du Paradis et dessine une porte provisoire pour la visite de Napoléon III à Chambéry en août 1860. Il réalise des villas en Albanais et à Aix-les-Bains et le transfert des mosaïques romaines d’Arbin dans la chapelle du château de la Bâtie à la demande de César d’Oncieu. Il est aussi guide-conférencier, écrit des notices sur le patrimoine de la Savoie. On peut citer le triptyque du château de Villeneuve, l’église de Cléry, Notre-Dame de Yenne, la maison rouge de Conflans, la mise au tombeau de la Cathédrale de Saint-Jean, …

Il sera remplacé par Samuel Revel comme architecte du Diocèse de Chambéry à cause de son manque de diplôme ! Théodore Fivel était un homme de son temps, de foi, de conviction, et habité par le respect du passé.

Fabrizio Ghiroldi et sa fille, le Président Geneletti et Alexandre Doglioni.

Jean-Olivier Viout

Alexandre Doglioni

Fabrizio Ghiroldi

Clichés  E et J-Y Sardella