La rentrée solennelle de l’Académie de Savoie s’est tenue le vendredi 30 janvier 2026 devant une très nombreuse assistance. On notait la présence d’élus qui avaient connu le conférencier, Patrick Strzoda, lors de son passage en Maurienne et à Chambéry : Hervé Gaymard, Jean-Pierre Vial, Michel Bouvard, Josiane Beaud. Jean-François Coulomme, député de la Savoie, était également présent.
Après une introduction de bienvenue d’Hervé Gaymard qui recevait dans la salle de délibération du Conseil départemental, le président Geneletti passe en revue les principales activités de l’Académie de Savoie pour l’année 2025. Il annonce ensuite les principales décisions prises lors de l’Assemblée générale de l’Académie : la nomination de deux membres titulaires, Michèle Santelli et Jean-Claude Bouchet, et la désignation d’un nouveau trésorier, Vincent de Rivaz, en remplacement de Jean-Baptiste Bern. Il précise que ce dernier quittera le secrétariat « perpétuel » au premier semestre et le remercie pour tout le travail accompli pour la Société en y associant son épouse, Anne Truchet, pour son entregent et ses capacités d’accueil.
Il introduit ensuite le conférencier. Issu de l’ENA, Patrick Strzoda sera sous-préfet de Saint-Jean-de-Maurienne, secrétaire général du comité d’organisation des JO d’Albertville, directeur général des services du Conseil général de la Savoie, directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, du premier ministre, puis du Président de la République Emmanuel Macron. Se présentant comme un observateur et un « petit acteur », Patrick Strzoda traite des réactions de l’état en face de crises majeures. Il s’appuie sur trois évènements, la « révolte » des gilets jaunes, les émeutes suite à l’affaire Nahel et la guerre en Ukraine. En cas de crise, tout remonte à l’Élysée. Les différents intervenants, responsables et spécialistes y sont reçus pour informer le Président qui possède également son propre réseau. Un conseil de défense et de sécurité national se réunit ensuite pour prendre des décisions. Lés débats peuvent être très animés, et le Président passe de l’écoute à la directivité. Toute ce processus est évidemment lié à la Constitution française qui donne beaucoup de pouvoirs au Président. Dans le cas des gilets jaunes, on a débouché sur le grand débat et une convention citoyenne dont les résultats ont été mitigés. Pour le COVID, l’État a injecté 240 milliards d’Euro pour maintenir le pays à flot.
En fin de réunion, de nombreuses questions ont été posées sur les principaux sujets politiques du moment : la situation financière, le mille-feuille administratif, la dispersion de l’État, l’état de crise permanent, … Michel Bouvard remarque qu’après une sortie de crise, l’État a beaucoup de mal à revenir au fonctionnement précédent, ses largesses étant considérées comme des avantages acquis.
L’orateur conclut par quelques remarques personnelles qui n’engagent que lui. Il prône la prudence devant une immigration qui résoudrait nos problèmes de travail alors que nous avons un nombre élevé de chômeurs et que l’IA devrait impacter fortement les besoins en emploi. Il attire aussi l’attention de l’assistance sur une fonction publique qui apparait surdimensionnée.

