Le monde des arts et lettres de Savoie vient de perdre une de ses grandes figures, avec le décès du professeur Darcel, survenu à Chambéry, le 14 janvier dernier, dans sa 87e année.
Précédemment enseignant à l’Institut Universitaire de Technologie de Mulhouse/ Colmar, Jean-Louis Darcel s’était installé à Chambéry avec sa famille en 1984, à la faveur de la rédaction d’une thèse d’État consacrée à Joseph de Maistre et la Révolution française.
Cette immersion au sein de l’œuvre de l’éminent philosophe savoyard allait imprégner la carrière universitaire qui s’ouvrit à lui. En 1985, il rejoignait l’ « Institut d’études maistriennes » fondée par le professeur Jacques Lovie, dont il allait être le secrétaire, avant d’en devenir le président.
C’est sous sa houlette que prendra son essor la « Revue des études maistriennes » qui sera bientôt diffusée à 2000 exemplaires dans les pays francophones et les principales bibliothèques du monde.
L’université de Savoie l’avait accueilli au sein de son corps enseignant, en qualité de maître de conférences, puis de professeur, avant de le promouvoir plus tard directeur du département de Lettres modernes.
Auteur de plus de vingt articles et ouvrages, Jean-Louis Darcel avait vu ses travaux couronnés par l’Académie Française, à travers le Prix de la Fondation Jouvenel qu’elle lui avait décerné en 1981.
Loin d’être élitiste, Jean-Louis Darcel était investi dans la diffusion et la vulgarisation de la culture. C’est ainsi que lui fut confiée la présidence de l’Université du Temps Libre de Chambéry à laquelle il donna une impulsion remarquée.
En 1995, l’Académie de Savoie l’avait élevé au rang de ses membres titulaires. Il en devint le bibliothécaire et fut en 2016 le rédacteur du livret de l’évocation littéraire et musicale : « Six siècles de littérature savoyarde », présentée sur la scène du théâtre Charles Dullin, en clôture des manifestations commémorant le 600e anniversaire du duché de Savoie.
C’est un authentique homme de lettres humaniste, aux convictions fortes, que l’Académie de Savoie vient de perdre. Elle présente ses vives condoléances à ses enfants.