Extrait du Bulletin de la société des Amis de Montmélian et de ses environs : Visite du Pont des Anglais par Bernard Quénée, Directeur de la Préservation du Patrimoine

Nous avons eu le plaisir d’accueillir avec nos amis de Cruet une délégation d’experts de la commission « Histoire & Patrimoine du Génie civil de l’Association Française de Génie civil » pour une visite détaillée du pont des Anglais, suivie d’échanges fructueux avec ces experts venus de plusieurs régions de France.

Voici le texte qu’ils nous ont adressé :

« Le 11 septembre 2025, une délégation de la commission Histoire & Patrimoine du Génie civil de l’Association Française de Génie civil (AFGC) s’est déplacée pour rencontrer l’Association des Amis de Montmélian et de ses Environs ainsi que la Société Cruet Nature et Patrimoines. Cette commission de l’AFGC se singularise en menant à la fois des actions de communication et de promotion d’ouvrages anciens de Génie civil, souvent devenus emblématiques, mais également en apportant son soutien technique auprès d’associations, collectifs ou autres collectivités lorsque des ouvrages sont menacés de péril pour des raisons de vétusté. À ces fins, des journées techniques sont régulièrement organisées sur le territoire, mêlant historiens, spécialistes du Génie civil, exploitants et autres parties prenantes pour des exposés en salle, poursuivis par la visite desdits ouvrages.

Le thème de cette rencontre du 11 septembre était donc le Pont Victor Emmanuel de Cruet, dit le pont des Anglais, dernier témoin de la voie ferrée entre Culoz et Modane, préfiguratrice d’une liaison voulue par le roi Victor-Emmanuel II entre la France et l’Italie. Cet ouvrage, en arrêt de service depuis 1875, est aujourd’hui considéré

comme le plus ancien pont ferroviaire métallique de France (constructeur Brassey, inauguré en 1857). Cette rencontre, devant le pont, a débuté par un exposé sur son histoire et sa genèse, suivi d’une visite technique, qui a permis aux Experts réunis de prendre connaissance des particularités de la construction par rivets, excavation des fondations à l’air comprimé, biais du tracé, etc. Les différentes études menées sur l’ouvrage et leurs conclusions ont ensuite été évoquées, dont notamment sa démolition envisagée par le Conseil Départemental de la Savoie, Maître d’ouvrage, au motif de la sécurité. La rencontre s’est conclue par une réflexion collégiale sur les différents schémas possibles de réutilisation de l’ouvrage, susceptibles de lui redonner une seconde vie, adaptée aux modes de transports doux (piétons, randonneurs, cyclistes, cavaliers…). Une demande de classement au titre des Monuments Historiques a également été évoquée afin de renforcer sa protection (l’ouvrage étant uniquement inscrit à l’inventaire complémentaire depuis 1994). Les Jeux Olympiques d’hiver de 2030 ont été mis en perspective de ce projet ambitieux de conservation et de réutilisation de l’ouvrage à d’autres usages. »