Mémoires de la Société académique de Savoie, 1ère série, tome I (1825) , page 1-16.

 

NOTICE PRELIMINAIRE
SUR L'ÉTABLISSEMENT
DE LA

SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DE SAVOIE,

ET SUR SES TRAVAUX,

Depuis son origine jusqu'en mars 1825;

PAR M. G.-M. RAYMOND,

Secrétaire Perpétuel de la Société1

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On a toujours désiré, et avec raison, qu’il pût s’établir à Chambéry une Société spécialement occupée de recherches utiles au pays et de recueillir toutes les vues qui peuvent concourir au bien public. Des tentatives en ce genre ont été faites à diverses époques. On sait qu'il s'était formé dans cette ville, en 1772 , une réunion qui recut le titre de Société Royale économique dont les travaux devaient avoir principalement pour objet l'Agriculture, le Commerce et les Arts. Elle doit sa fondation au zèle et aux vues éclairées de S. Exc. le comte Joseph-Francois Sallier de La Tour, Commandant général du Duché; du célèbre marquis de Costa, auteur de l'excellent Essai sur l'amélioration de l'Agriculture dans les pays montueux et particulièrement en Savoie ; du baron de Conzié, comte des Charmettes ; du médecin Daquin, et de quelques autres personnes distinguées. Les Réglemens de cette Société, approuvés par le Roi Victor-Arnédée III, furent imprimés en 1774. Cette Société a cessé d'exister par l'effet de la révolution, qui en avait dispersé les membres.

Il s'était formé postérieurement une autre Société sous le titre de Société libre d'agriculture de Chambéry ; mais les événemens du temps et quelques circonstances particulières en amenérent la dissolution , au moment où elle commençait à s'occuper utilement des intérêts du pays.

L'établissement d'une Société littéraire en Savoie reporte naturellement la pensée sur une louable et ancienne institution de ce genre, fondée en 1607, à Annecy, sous le nom d'Académie Florimontane, par saint François de Sale et le célèbre président Fâvre. Cette Société, qui a précédé la naissance de l'Académie Royale des Sciences de Paris, de soixante ans, a été l'école où le célèbre Vaugelas a puisé ses premières lecons sur la langue française et le germe des connaissances qu'il porta plus tard dans le sein de l'Académie fondée par le cardinal de Richelieu, où il devint l'un des premiers oracles de la langue.

A ce sujet, nous ne pouvons résister, au désir de reproduire ici une remarque que nous avons eu l'occasion de faire ailleurs, c'est-à-dire, que de deux autres compatriotes recommandables, l'un Guillaume Fichet nommé en 1467 Recteur de l'Université de Paris , est celui qui a introduit l'imprimerie dans la capitale de la France, et fut l'un des premiers qui y aient semé les principes du goût dans les lettres ; et l'autre Claude de Seyssel d'Aix est l'un des premiers auteurs qui aient commencé à écrire en francais avec quelque pureté ; sans oublier que saint Francois de Sales a été compté parmi les meilleurs écrivains de son temps, quoique ce genre de gloire n’ait certainement jamais été le but de ses efforts.

Si l'on pouvait croire que le progrès des lumières et de l'industrie n'eût pas suivi en Savoie, dans une exacte proportion, l'accroissement de la population et celui des besoins publics et privés qui en est la suite, la cause principale de ce retard n'aurait pu se trouver que dans le défaut de moyens propres à faire connaître les ressources que nos montagnes offrent à l'industrie agricole et manufacturière, à exciter une utile émulation, à provoquer les recherches et à accélérer le perfectionnement des arts.

Il est hors de doute que l'un des remèdes les plus efficaces à opposer à cet état de choses serait l'établissement d'un centre de communication, destiné, d'une part, à réunir les fruits des recherches qui seraient faites dans les diverses parties du Duché, sur les principaux objets d'utilité publique, et les résuiltats des travaux particulliers dans les différens genres d'industrie ; et d'un autre côté, à faire subir aux uns et aux autres un examen éclairé pour en apprécier le mérite et l'importance. Ce serait un foyer local propre à répandre les lumières nécessaires pour imprimer au zèle et aux efforts une utile direction, pour guider les expériences et en suggérer les applications ; et de là résulteraient les moyens d'offrir des encouragemens honorables aux essais et aux entreprises qui peuvent tourner au profit de la société.

Notre pays ne manque pas essentiellement des ressources qui rendent une nation active, éclairée, industrieuse et florissante : nous devons croire, pour l'honneur de notre patrie, que la nature ne l'a pas entièrement oubliée dans la distribution de ses faveurs. Nous avons pour preuve de sa justice, nous dirions presque de sa générosité, l'exemple de ce grand nombre de nos compatriotes établis dans l'étranger, qui se sont distingués ou qui se distinguent encore, souvent avec éclat, et toujours, avec honneur, partout où ils ont rencontré les occasions favorables au développement de leurs talens. M. Cuvier dans l'Éloge historique de notre illustre compatriote le comte Berthollet fait la remarque que les États du Roi de Sardaigne ont produit un nombre d'hommes de talens qui leur ont donné un poids dans la balance de l’Europe et un rang dans la république des lettres, bien supérieurs à ce que l'on devait naturellement attendre de leur étendue et de leur population. Et lorsqu'une seule province de ces Etats peut citer des noms tels que ceux-ci : le cardinal de Brogny , Guillaume Fichet, Vaugelas , S. Francois de Sales , Saint - Réal, le P. Millet de Challes, le cardinal Gerdil, le marquis de Costa, Berthollet, l’auteur des Soirées de Saint-Pétersbourg, le marquis de Costa de Beauregard, le spirituel auteur dit Voyage autour de ma chambre, MM. Bouvard, Michaud, Nicollet, Berger, etc. etc., la patrie de ces hommes ne peut être considérée comme un sol ingrat pour le génie et le talent2 .

Une Compagnie littéraire peut rendre de grands services dans tout pays où il est possible d'en rassembler lés élémens. Elle rapproche et met en contact des hommes instruits qui gagnent à être connus ; elle leur fournit l'occasion de manifester des vues utiles , de s'éclairer les uns les autres ; elle affaiblit l'égoïsme qui nait de l'isolement, elle entretient l'esprit de société ; elle excite l'amour du travail et du succès, elle dirige les talens et les essais de la jeunesse ; elle entretient le goût des choses nobles et utiles ; elle bannit cette oisiveté meurtrière qui flétrit les ames et corrompt les mœurs ; elle fait apprécier le vrai mérite et excite le généreux désir d'y atteindre ; elle offre un dépôt toujours ouvert aux fruits des travaux qui peuvent mériter de fixer l'attention publique ; elle sert de canal de communication entre les centres principaux des lumières et les régions privées de leur influence immédiate : et réciproquement, elle indique les découvertes ou les vues nouvelles qui peuvent intéresser l'État ou la Société. En un mot, elle favorise tout ce qui peut contribuer à l'accroissernent des lumières et de l'industrie, et à l'amélioration des moeurs privées et publiques.

Pénétrés de ces diverses considérations, quelques habitans de Chambéry, amis des arts et des sciences, et prenant un véritable intérêt au bien de leur pays, se sont communiqué mutuellement leurs vues pour réaliser une pensée qui leur était commune. L'un d'eux a rédigé un projet contenant l'exposé des motifs d'intérêt public qui semblaient réclamer l'établissement d'une Société littéraire dans la capitale du Duché, et les divers points de vue qu'il paraissait convenable d'assigner à ses travaux. Ils ont pris ensuite la résolulion effective de fonder une Société dans le sens projeté, sous le titre de Société Académique de Savoie, qui serait composée de Membres et de Correspondans nés ou domiciliés en Savoie, ou immédiatement originaires du pays. Ils ont considéré que les circonstances paraissaient toutes favorables à leur projet. La Savoie, rétablie en corps de nation et recouvrant son existence po- litique, était rentrée sous le sceptre paternel de ses légitimes Souverains, qui l'ont rendue à ses antiques lois et à l'influence salutaire de l'auguste Religion de nos pères. Elle commençait à jouir des bienfaits de cette royale protection qu'ils ont toujours accordée à toutes les institutions utiles. Déjà de nombreux encouragemens étaient décernés à l'industrie. De sages dispositions étaient données ou préparées en faveur de l'agriculture, des arts et du commerce. De nouvelles sources étaient ouvertes à l'instruction publique. Chambéry avait obtenu de la bienveillance du Gouvernement de S.M., sur la proposition des Autontés et Administrations compétentes, l'établissement des nouvelles Chaires de Médecine, de Chirurgie, de Chimie pharmaceutique, de Géographie spéciale, de langue italienne, et d'une École de Peinture, la Ville s'étant chargée de pourvoir aux dépenses nécessaires. Les soins qu’elle avait mis à la restauration de la Bibliothèque publique, secondés par le zèle et l'activité de son Bibliothécaire, venaient de donner une nouvelle consistance à cet établissement, augmenté d'un Musée d'histoire naturelle et d'antiquités, à l'accroissement duquel ont concouru l'empressement et la générosité d'un grand nombre d'amateurs. Tout paraissait d'un heureux augure pour la formation d'une Société littéraire au milieu d'un tel ordre de choses.

Une Société de ce genre n'étant point créée par un acte de l'Autorité, ne peut s'établir que spontanément. Dès-lors, les personnes qui en forment le premier noyau reçoivent leur mission de la pensée qu'ils ont eue de fonder une institution utile à leur pays, des soins qu'ils se donnent et des démarches qu'ils font pour arriver au but. C'est ainsi, pouvons-nous observer (sans prétendre, faire aucune autre comparaison que celle des faits ), que l'Académie des Sciences de Paris prit naissance dans les entretiens de quelques hommes instruits, qui s'assemblèrent d'abord librement et tour à tour les uns chez les autres ; et c'est encore ainsi que s'est formée, en 1757, l'Académie Royale des Sciences de Turin.

Les fondateurs de la Société Académique de Savoie s’occupèrent d'un projet de Réglemens, que l'un d'eux fut chargé de rédiger, et s'adjoignirent confidentiellement quelques personnes, afin de procéder avec plus de connaissance et de maturité, dans l'adoption de ces Réglemens.

La Société naissante tint d'abord quelques assemblées particulières sur la fin de 1819 et au commencement de 1820. Autorisée par une lettre aussi gracieuse que favorable, de S. Exc. le Ministre Premier Secrétaire d'Etat pour les affaires internes, en date du 29 avril 1820, elle se constitua définitivement, en nommant un Président, un Vice - Président , un Secrétaire- Perpétuel , et les autres Officiers établis par ses Réglemens. Elle commençait à se livrer à d'utiles travaux, lorsqu'elle se vit forcée de les interrompre par les malheureux événemens de 1821.

Mais bientôt le rétablissement de l'ordre et de l'autorité légitime dans les États du Roi , et l'heureux avènement de CHARLES - FÉLIX an trône de ses illustres aïeux, firent renaître les espérances de la Société et la déterminèrent à reprendre ses réunions, pour consacrer tous ses efforts au bien public, sous le règne d'un Prince dont la sagesse et la fermeté garantissaient la stabilité des institutions, et promettaient de nobles encouragemens à toutes les entreprises utiles au bien de ses peuples et aux intérêts de l'État.

Jusques-là cette Société avait cru devoir user d'une grande réserve, en marchant d'abord lentement, dans le silence et avec circonspection elle ne s'est décidée à manifester son existence que lorsqu'elle a cru pouvoir espérer que ses efforts et ses travaux ne seraient pas tout - à - fait inutiles à l'avantage du pays. C'est en partie à cette prudence, réunie au concours des circonstances favorables indiquées plus haut, que la Société doit peut-être attribuer l'heureuse exception qu'elle a éprouvée dans son établissement, celle de n'avoir pas eu à lutter contre cette foule d'obstacles et de difficultés qui contrarient d'ordinaire toute institution nouvelle.

Elle ne tarda pas à être honorablement encouragée par une distinction, qui, en contribuant à son affermissement, devenait pour elle un puissant motif d'émulation. L'Académie Royale des Sciences de Turin, dans sa séance générale du 6 juillet 1823, a décerné à la Société Académique de Savoie, un Diplôme de Correspondante; et, par la même délibération, il a été en outre statué. que la Société jouirait du double avantage de recevoir les Volumes de Mémoires et autres écrits publiés par l'Académie Royale, et de la prérogative accordée à ses Membres, d'assister en toute occasion aux séances de I'Acadérnie. Ainsi les rapports qui l'unissent désormais à l'une des Sociétés savantes les plus distinguées et les plus célèbres de l'Europe, sont de nature à lui attirer cet intérêt et cette considération publique qui sont à la fois l'aiguillon et la récompense du zèle. Honorée de correspondre avec un Corps illustre qui fait la gloire de leur commune patrie, cultivant les sciences et les arts utiles, à l'ombre des lois sages et protectrices du même Souverain, la Société Académique de Savoie tâchera du moins de marcher de loin sur les traces d'une Compagnie savante à qui il appartient à si juste titre de lui montrer la route, et dont tous les Membres seront pour elle des guides et des modèles.

La Société a dû voir encore un présage rassurant dans l'intérêt que lui ont témoigné des hommes de la plus haute distinction soit par leur rang, soit par leurs lumières, qui n'ont pas dédaigné de lui appartenir. Elle s'est félicitée, sous ce double rapport, de compter au nombre de ses Membres, un Ministre de S.M., à qui elle s'honore de pouvoir donner le titre de compatriote, M. le comte Roget de Cholex, Premier Secrétaire-d'État au Bureau des affaires internes, protecteur éclairé des Arts et de tout ce qui peut contribuer au bien public dans le ressort de son administration. Elle a vu sa liste bonorée des noms de trois Membres qui avaient sincèrement applaudi à sa formation, et qu’elle a eu le regret de perdre trop tôt, l'illustre auteur des Considérations sur la France et des Soirées de Saint-Pétersbourg, le comte Berthollet, Pair de France, l'un des premiers Chimistes d’Europe , et le marquis de Costa de Beauregard, auteur des Mémoires historiques sur la Maison Royale de Savoie.

Le voyage de LL. MM. en Savoie, dans l'été de 1824, a fourni à la Société l'heureuse occasion d'offrir l'hommage de son respect et de son dévouement à un Souverain dont la royale protection s'étend sur tous les élémens de la prospérité publique. Dans l'accueil plein de bonté qu’elle en a recu à deux reprises, elle a trouvé la récompense la plus flatteuse de son zèle et le plus noble encouragement de ses efforts.

Quelques mois après, S. M., sur le rapport du Ministre des affaires internes, a daigné mettre le sceau à l'existence de la Société, en allouant ,une somme annuelle pour subvenir à ses dépenses et faciliter le développement de ses travaux,

Outre cette preuve de la bienveillance de notre auguste Souverain, en faveur des établissémens dirigés vers l'utilité publique, la Société a vu postérieurement justifier toutes les espérances qu'elle avait mises dans la royale sollicitude de S.M.pour le bien de ses peuples, par la création des Chambres d'agriculture et de Commerce, établies en vertu des Lettres Patentes du 4 janvier 1825. Si les travaux de la Chambre qui siégera dans la capitale du Duché ne peuvent manquer de devenir un sujet d'émulation pour la Société Académique, celle-ci s'estimera heureuse si quelquefois ses recherches et ses efforts peuvent concourir au même but.

L'administration de la ville de Chambéry, disposée à seconder, en ce qui peut la concerner, les vues et les travaux de la Société Académique, s'est empressée de lui assigner, dans l'Hôtel-de-ville, un local pour la tenue régulière de ses séances.

Pour remplir l'objet de son institution, la Société Académique a principalement dirigé ses vues vers tout ce qui se rapporte à l'utilité locale et immédiate du pays, sans penser toutefois qu'elle dût négliger certains objets d'un avantage plus éloigné, attendu que les arts et les sciences sont enchaînés par des liens communs ; ils se prêtent mutuellement des secours, qu’ils exercent entre eux une influence réciproque et que la lumière qui se réfléchit de l'un à l'autre est souvent nécessaire pour les éclairer convenablement. Elle a aussi cru devoir comprendre dans son plan, la littérature proprement dite, dont les charmes délassent des recherches pénibles et tempèrent la gravité des travaux sérieux. D'ailleurs, nous sommes dans un siècle où les sciences les plus abstraites ont appelé à leur secours la clarté d'une diction élégante et pure ; les savans ont étudié l'art de s'exprimer avec correction ; ils ont appris à déguisé les épines de la science sous les agrémens du langage.

Une grande tâche se présente an zèle d'une Société qui veut s'occuper de l'avantage de notre patrie ; notre position, nos usages, nos besoins offrent naturellement à ses pensées les objets suivans : l'Agriculture et toutes les branches de l'économie rurale ; les arts industriels et les ressources qu'ils peuvent procurer ; les diverses productions du pays dans les trois règnes, et notamment dans la botanique et la minéralogie; la constitution médicale de nos vallées et de nos montagnes, et les règles d'hygiène particulière qui dérivent de la nature du climat, des alimens, des habitudes et des professions les plus nombreuses ; les antiquités locales, l'histoire du pays, l'éducation, les études , la culture des lettres et des sciences, l'encouragement de la langue italienne, etc.

Ces nombreuses matières indiquent un champ vaste sans doute ; mais la Société n'a pas la prétention d'embrasser tout-à-coup tous ces objets à la fois; elle n'entend point que ses premiers pas la conduisent d'un trait au but qu'elle a dû se proposer. Elle sait que le bien n'est que le lent ouvrage du temps. Il ne faut pas non plus que l'étendue et les difficultés des recherches et des travaux produisent le découragement : c'est parce qu'il y a beaucoup à faire, qu'il faut commencer une fois. Quelque peu de bien que produise la société, elle fera toujours plus que si elle n'existait pets. Ajoutons qu'elle peut recevoir des secours efficaces de la part des Associés que lui fourniront les provinces du Duché, surtout pour un grand nombre de détails relatifs aux localités, et pour les divers genres de recherches qu’elle sera dans le cas de provoquer. Elle trouvera aussi d'utiles ressources dans les Membres et Correspondans résidans à l'étranger, qui pourront lui procurer la connaissance des découverte faites ailleurs, des procédés nouveaux éprouvés dans d'autres contrées. Enfin, l'heureuse influence de la Société fera naître des sujets qui viendront l'éclairer un jour et l'enrichir ainsi des £ruits dont elle aura fécondé le germe.

Dans 1'une des premières séances de la Société, M. le chanoine Billiet lui avait communiqué le plan d'un Mémoire très-étendu,-dans lequel il devait embrasser et développer successivement chacune des branches des travaux qui lui paraissaient de nature à mériter une attention spéciale. Il s'était proposé trois objets principaux, savoir, les Sciences, les Arts industriels et les considérations relatives à l'ordre moral.

Il a lu la première partie de ce Mémoire, dans laquelle il exposait un système raisonné d'observations appliquées aux localités, sur la botanique, la zoologie, la minéralogie et la météorologie. La Société a eu à regretter que les occupations multipliées de l'auteur n'aient pu lui permettre d'achever son travail.

A la suite des détails dans lesquels nous venons d'entrer sur l'établissement et les vues de la Société, il nous reste à donner ici une indication sommaire de ses travaux depuis son origine jusqu'à ce jour (mars 1825 ).

Nous commencerons par l'Agriculture, que la Société a mise au premier rang parmi les objets en ont fixé son attention.

Suit alors le compte rendu annuel du secrétaire perpétuel


1 Membre de l'Académie Royale des sciences de Turin , de la Société Royale des sciences de Goëttingue , de la Societé pour l'avancement des arts de Genève, de l'Académie Philharmonique de Bologne, de la Société Philotechnique de Paris, des Académies de Dijon, de Nismes, de Lyon, de Grenoble, de Soissons, d'Arras, etc.

2 Nous pouvons encore citer d’autres noms honorables pour notre patrie, comme ceux de saint Bernard de Menthon, des papes Nicolas II et Innocent V, de saint Pierre de Tarentaise, de Claude de Seyssel -d'Aix , du P. Le Jay, du P. Lefêvre, de Marc-Claude de Buttet, à qui la poésie française doit l'introduction des vers alexandrins ; du P. Chérubin de Maurienne, du P. Monod, de Marc-Antoine de Buttet, de Frézier, de Dulac, du général de Motz-de-l'Allée , de Crétet, de Foderé, de Pevytavin, de Chabord etc; sans parler d'autres personnages que les convenances nous interdisent peut-être de nommer.


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Dernière révision : 16 février 2005